Parfait K KABORE recevant son prix du Meilleur Espoir Burkinabè au Fespaco 2021

  Il est l’un des espoirs du  cinéma Burkinabè. Parfait Kiswendsida  Kaboré fait partie de la jeune génération de cinéaste burkinabè. A la 27e  édition du FESPACO  en 2021, il est lauréat du grand prix du président du Faso  du meilleur espoir avec son  film «  Après ta révolte,  ton vote », un long métrage documentaire. Ses  films parcours  depuis un certain temps l’Afrique et le monde entier.

C’est un matin de l’année 1984,  au moment où la révolution burkinabè  battait son plein que Parfait Kiswendsida Kaboré  a vu  le jour à Ouagadougou, la capitale burkinabè.   Bien que n’ayant pas vécu cette période de révolution, Parfait  K. Kaboré  dit  tirer son inspiration des idées du père de la révolution burkinabè, Thomas SANKARA. Tout jeune,  il rêvait d’être médecin  ou prêtre   .  Mais l’entourage du jeune  Kaboré va réorienter  sa  vocation. «  J’avais des oncles qui faisaient de la photographie  et  j’avais envie de travailler avec l’image mais je ne savais dans quel  domaine me lancer  précisément » se rappelle –t-il encore. Il commence  donc avec  la photographie  tout jeune quand il était au lycée. Parallèlement, il cofonde avec certains de  ses  camarades  au lycée Nelson Mandela de Ouagadougou  le  ciné-club Gaston Kaboré. C’est à travers ce ciné-club qu’il  va apprendre   de façon informelle le métier de cinéma mais  comme monteur.   C’est  là que son envie de  faire des films  va naitre. «  Quand j’ai  commencé  à monter des films des  amis,  on me dictait la façon de monter  et moi je voyais autrement. Cela m’a donné envie de faire moi-même des films ».

Après  l’obtention de son  Baccalauréat  en 2006, il opte pour une  formation à l’Institut  Supérieur de l’Image et du Son (ISIS) mais  par défaut de moyens financiers,   il est   obligé de poursuivre ses études universitaires dans la faculté de Droit à l’Université de Ouagadougou. En 2011, il obtient son diplôme de  maitrise en Droit. Malgré  ce  couronnement qui lui ouvrait des portes loin du 7eart, son amour pour le cinéma est resté intact.Il obtient une inscription  à l’Université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal  pour un master en réalisation documentaire. Parti pour faire du cinéma  de  fiction  c’est finalement le documentaire  qui  a pris le dessus,  même s’il compte y revenir. Du reste,  le réalisateur ne se catégorise pas ni dans  le documentaire,  ni dans la fiction ou l’animation. Pour lui, c’est le sujet du film  qui détermine le genre. 

En quelques années dans le monde professionnel du cinéma, ses productions  font parler de lui.  Il  totalise  à ce jour, deux longs-métrages, 3 courts métrages. Le premier court métrage intitulé « Demain l’Afrique » a été réalisé  dans le cadre académique à Saint Louis au Sénégal. Le second« A double tranchant » a été réalisée après un stage de deux mois  à l’Université d’Eté  de la FEMIS. Le troisième court métrage est intitulé  « circulation  Ya yeelé » produit par Pilumpiku Production dans le cadre de la collection ‘’Afrique en Vues’’ avec d’autres coproducteurs africains.  Son premier long métrage  va  intervenir  après ces films courts métrages.  Lors de l’insurrection populaire qui a renversé  le pouvoir de Blaise Compaoré en 2014, il avait pris le soin de suivre les deux leaders du mouvement le balai  citoyen (Sam’sklejah et Smockey)  dans leur lutte contre   la modification de l’article 37. En 2017 sors ainsi le premier film long métrage intitulé « Place à la révolution ».

Le deuxième long  métrage quant à lui  va sortir  en 2019. « Après ta révolte, ton vote »  c’est le titre du deuxième film,  qui est un prolongement  du premier film. Ce film  a été projeté à IDFA   à Amsterdam au Pays Bas et il a fait beaucoup de festivals comme le FESPACO et le cinéma du réel à Paris. A travers  le cinéma, le jeune réalisateur   veut toucher des âmes  et apporter sa vision  du monde  tout en laissant son public  faire leur libre opinion.  Mais Parfait Kaboré dit assumer  le regard et sa vision du monde : « J’ai le regard politique et je  l’assume  car  qu’on le veuille ou pas c’est la politique  qui peut faire changer les choses ».Actuellement  Parfait Kaboré travaille sur un projet de  film documentaire intitulé provisoirement « La lutte continue », après  son dernier film « Après ta révolte ton vote».  Il travaille également sur  un film documentaire  sur sa mère   qui s’intitule  « De la chenille au papillon ».

                                                                                Par Idrissa KOUMBEM