La réalisatrice burkinabè Delphine  Yerbanga  a été reçue à  la 9e édition du festival KOUDOUGOU Doc  au cours d’un Ciné Café.  Au cours de cette activité, elle est revenu sur la naissance, le développement jusqu’à la finalisation de son film. C’était le vendredi 29 avril à Koudougou.

C’est une première  à  Koudougou Doc. Et c’est la réalisatrice Delphine Yerbanga qui a été reçue pour l’activité  avec son film « Les Traces d’un Migrant » produit par la société Pilumpiku Production.   A la 27e  édition  du FESPACO, le film avait été  bien accueilli par  le public  et avait même reçu le grand prix  du Président du Faso.   A Koudougou  également, le film  a mobilisé  du monde.   Comme le principe du ciné café  l’exige, la  réalisatrice, après la projection du film s’est mise  à la disposition des animateurs du café et du public. L’exercice était  de permettre au public de comprendre  la démarche et les motivations profondes  qui ont permis la réalisation du film.

Les  grandes œuvres  naissent souvent  au  coin d’une  rue  ou dans la porte d’un restaurant a dit  l’écrivain français Albert Camus. Et cette affirmation cadre au mieux l’origine du film de  la réalisatrice Delphine  Yerbanga.  En effet ,  l’idée du film qui retrace  la vie d’un migrant  burkinabé du nom d’Abdoulaye Ouédraogo qui a laissé  sa progéniture  restée inconnue de sa famille  dans plusieurs pays comme la Côte-d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée Conakry a  pris  naissance   dans les rues de saint Louis au Sénégal au cours d’une rencontre fortuite  de la réalisatrice  avec deux  jeunes dames.  « C’est alors  que je réalisais   mon film d’école  pour mon mémoire de Master II  dans ladite ville que j’ai interviewé  les dames. C’est avoir écouté les interviews qu’un des professeurs m’a dit que les filles (Adama et Awa) disaient qu’elles étaient des burkinabé mais qu’elles étaient à la recherche de leur père »  explique  Delphine Yerbanga.

Le public était sorti nombreux pour suivre le ciné-café

En tant que  cinéaste elle a donc  décidé de prendre la caméra et  de suivre  l’histoire des jeunes dames. Elle souligne  par-là que le projet a été rejeté  à plusieurs  reprises « Quand j’ai présenté mon projet au début, on m’a  qu’il n’avait pas d’histoire  dans mon projet ». Mais loin de se décourager, elle a continué de poursuivre  ses  recherches sur le géniteur des jumelles  jusqu’à découvrir le petit frère de celui-ci  du nom de Drissa Ouédraogo  à Ouahigouya.  En 2017, le projet est présenté à Ouaga Producer Lab . Et par la suite  il a bénéficié  de fonds  et des bourses de plusieurs  pays comme le Maroc et l’Afrique du Sud et le gouvernement burkinabè à travers le fonds Covid19 de soutien aux acteurs de la culture.

 C’est avec ses soutiens qu’elle a achevé  le tournage en 2020 soit 8 ans après sa rencontre avec les sœurs jumelles. Le réalisateur et animateur du café cine  Serge Armel Sawadogo  pour sa part a interrogé  la réalisatrice sur la réussite de tournage  «  On a une caméra qui se pose et laisse les gens vivre et on aimerait  savoir quel a  été le secret  pour que les personnages  se livrent  avec  autant  de sincérité devant la caméra ».  « J’ai eu 7 ans de relation avec les personnages surtout les jumelles que j’ai connu en 2012 et je quand je  partais  au Sénégal  je les rendais visite. Elles se sentaient en confiance » répond la réalisatrice  avant d’ajouter  que  la plupart des images utilisées  étaient des images surprises.  Et c’est cela la particularité du film documentaire selon elle. « C’est sur le terrain que l’histoire se réécrit. La surprise apporte toujours  un plus au documentaire ».  Elle a par ailleurs  signifié que sortie officielle du film sera effective en 2022 en Afrique du Sud.

     Par Idrissa KOUMBEM