Joël M’Maka Tchédré : Une révélation du cinéma togolais

Directeur de festival, producteur, réalisateur, l’homme a plusieurs casquettes. Arrivé dans le 7e art par la force des choses, Joël Tchédré fait aujourd’hui la fierté du cinéma togolais et même africain. Il a, à son actif, plusieurs films (documentaires et fictions) en tant que réalisateur et producteur. Il a, également, décroché plusieurs prix qui le hissent, aujourd’hui, à un haut niveau du cinéma africain.

0
270

En l’espace d’une dizaine d’années, Joël M’Maka Tchédré a revêtu la triple casquette de producteur, de réalisateur et de directeur de festival, se hissant au rang d’étoile montante du cinéma togolais, sinon continental. Pourtant son arrivée dans le cinéma n’a pas été l’aboutissement d’un rêve d’enfance. Il était passionné de journalisme. Ainsi, après son Baccalauréat en 2006, il s’inscrit à l’Université de Lomé pour faire du journalisme. Sa Licence en poche, il fait ses premiers pas dans ce métier à la télévision nationale togolaise comme stagiaire. C’est là que les choses vont changer. « Je me suis rendu compte que je n’étais pas à l’aise dans le journalisme parce que les reportages qu’on faisait étaient très courts (1min 30). En plus, nos textes devaient être relus et repassés par le rédacteur en chef et on n’avait pas, de ce fait, le temps et l’opportunité de s’exprimer correctement sur un sujet », raconte-t-il. C’est alors que le jeune homme décide de se lancer dans le cinéma, documentaire au départ. Pour ce faire, il passe le test d’entrée à l’Ecole Supérieure des Arts visuels (ESAV) de Marrakech au Maroc. Il est admis au test, mais n’obtient pas la bourse de séjour. Il décide de se tourner vers l’ISMA (Institut Supérieur des Métiers de l’Audio-visuels) à Cotonou au Bénin en 2009. Après une année de formation, il décroche une bourse de l’Ambassade de France pour faire un master I en réalisation du cinéma documentaire de Création au Niger.

Joël M’Maka Tchédré lance sa structure de production, dénommée « Les films du siècle », en 2012 avant de décrocher un master II en Production à Grenoble en France en 2013. Avec sa structure, il a produit et réalisé plusieurs films. Au nombre des productions, on peut citer ‘‘L’or dur’’ de sa compatriote Anita Afatchao, ‘‘Bataille intérieure’’, ‘‘Le pacte’’. Ce dernier, réalisé sans dialogues en 2016, a été sélectionné au FESPACO (Festival panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou) en 2017. Joël Tchédré a produit et réalisé des films parmi lesquels ‘‘Le reliquat’’, ‘‘Vues d’Afrique’’, ‘‘Adjoa, un vieux aux bras valides’’et‘‘T’bol’’. Plusieurs films lui ont valu de nombreuses récompenses dans divers festivals. Il est lauréat du grand prix Kodio en 2014 au festival Clap’Ivoir en côte d’Ivoire avec son film documentaire ‘‘Les nanas benz, les reines du textiles’’. Il a été récompensé dans des festivals en France, au Cameroun etc. Nombre de ses films ont été projetés dans de nombreux festivals dont celui du film courts francophone de Vaulx-en-velin et le FESPACO.

En plus de la réalisation et la production, Joël Tchédré est directeur du festival « Emergence » créé en 2014 pour apporter le cinéma togolais, non seulement, à l’intérieur du pays mais, également, hors du Togo. « Il y’a encore quelques années, on disait qu’il n’y avait pas de cinéma au Togo. Mais aujourd’hui, grâce aux films qu’on a réalisés et les efforts dans la promotion, le cinéma commence à intéresser les gens au Togo et nous sommes également connus en Afrique », martèle-t-il. A ce propos, Gustave Sorgho, acteur burkinabè très connu dans le cinéma africain, à

l’issue de la 6e édition du festival « Emergence » tenue en 2019, souligne : « Il y’a un dynamisme qui émerge avec la nouvelle génération de réalisateurs et le public togolais prend conscience de cela. Et c’est de bon augure pour le cinéma togolais et africain ».

Toujours dans une perspective de porter le cinéma de son pays vers d’autres pays, il travaille actuellement sur une fiction intitulée ‘‘Moi riche, pauvre, pingre et cupide’’. Le projet a déjà incubé pendant la 4e édition de Ouaga Film Lab. Il a même bénéficié d’une bourse de résidence d’écriture à Berlin en Allemagne en 2020.

Idrissa KOUMBEM